Sociofinancement, reflet d’un modèle économique culturel en crise ?

Après avoir mené notre première campagne de sociofinancement, l'heure du premier bilan est arrivée. Le 27 avril dernier marquait la fin de longues semaines où cette campagne figurait au centre de nombreuses discutions entre les membres de l'escouade. L'occasion pour nous de s'interroger, sur les tenants et les aboutissants de cette initiative. Lancée pour le compte d'artistes de la relève, cette campagne a soulevé bien des interrogations quant aux futurs des jeunes créateurs, mais aussi à propos de l'ensemble de l'environnement micro-économique qui entoure ces artistes.
Heureux, satisfaits et fiers ont été les premiers sentiments à nous envahir au soir du terme de ce projet. Mais de nombreuses interrogations, nées durant cette période intense, sont toujours présentes dans notre esprit.

Il convient, dans un premier lieu, de se réjouir du succès de notre campagne. Grâce aux gestes généreux de 139 contributeurs, 3 artistes de la relève vont bénéficier d'un mentorat. Une première victoire. Un goutte d'eau dans l'océan qui soulève une problématique plus générale. Comment pérenniser le milieu artistique de manière durable ? Par analogie, on peut pousser le raisonnement plus loin. Par quels moyens peut-on permettre aux jeunes artistes de vivre décemment, et ce, à long terme ? Vieille de plus de 25 ans, la nouvelle politique culturelle devrait être dévoilée dans les semaines à venir.

En attendant le dévoilement, il semble nécessaire de se poser la question suivante :  par quel mode de financement peut-on permettre aux jeunes artistes de pérenniser leur profession ? N'oublions pas que derrière ces jeunes créateurs, se cachent les talents de demain. 

 

De la longue attente à la découverte

Cela faisait plus d’un mois que je me préparais à cette nouvelle aventure. Depuis l’annonce chaleureuse de ma sélection par le Bureau de Prod, un sentiment d’excitation m’habitait. Je m’affairais à effectuer d’incalculables démarches administratives pour rejoindre la terre Québécoise. Je récoltais, remplissais, envoyais et modifiais toute sorte de documents nécessaires à ma venue. Ces démarches ont représenté à elles seules une première aventure. Régulièrement, l’équipe prenait de mes nouvelles, se renseignait quant à la préparation de mon arrivée. Dans cet océan de flux formels et administratifs, la présence des trois membres du Bureau de Prod est venue m’épauler et me conforter dans l’idée que cette expérience sera riche. Une impression confirmée et renforcée depuis mon arrivée sur le territoire Nord-Américain.  

Au fil des jours, je découvre et tente de m'intégrer à la vie Québécoise, bien aidé par "la gang", comme j'aime à les appeler. Après rejoint l'escouade il y a un mois, j'ai pu vérifier la confiance que je leur portais jusqu'ici. Une confiance trouvée grâce à cette capacité que possède Mélanie, Valérie et Mathieu : l'empathie et l'écoute. Je me dis que les artistes ayant fait appel aux services du Bureau de Prod sont entre deux bonnes mains. L’avenir confirmera,  pour sur, ces premiers propos. 

Brève chronique de mon envie de découverte du milieu artistique Québécois

Il y a quelques mois, je quittais les bancs de la faculté. Après plusieurs années articulées autour de mes cours et l'exercice du journalisme durant la période estivale, j'étais en proie au doute. Une hésitation, une indécision quant à mon futur. J'entends alors parler d'un programme mettant en relation des entreprises Québécoises et de jeunes Français pour acquérir une expérience à l'étranger. Quotidiennement, j'observe alors les offres de stages publiées. Vient ensuite cette offre publiée par le Bureau de Prod. L’envie de découvrir autre chose, un autre pays, une autre culture et une manière différente de travailler ne cesse de croître. Vient ensuite cette offre publiée par le Bureau de prod.

Immédiatement séduit par l’aspect culturel et artistique du travail, je me renseigne, consulte le maximum d’infos concernant cette entreprise. Au fil des éléments que je récolte, je suis d’autant plus séduit par la mission centrale de cette entreprise : accompagner les artistes et ce, dans une optique où la rentabilité n’est pas le maître mot. La rencontre avec l’équipe confirme mon sentiment. Aussi chaleureuse fut-elle, cette belle ambiance qui semble régner au sein du « gang », comme les membres du Bureau aiment à l’appeler, renforce mon désir de rejoindre un projet où l’intérêt culturel et collectif prime sur l’intérêt individuel.